EPIDEMIE COVID-19 :GARDONS NOTRE SANG-FROID ET NOTRE ETHIQUE

L’épidémie a révélé de graves faiblesses au sein de notre pays comme dans d’autres pourtant censés être au sommet du progrès.

Nous le voyons hélas tous les jours, les pouvoirs publics ont une gestion erratique de la crise et leurs instructions adressées au fil de l’eau, diffèrent d’un jour à l’autre.

Mais si l’on peut comprendre les difficultés de ceux qui nous gouvernent, et ce, compte-tenu du manque coupable de préparation de beaucoup de pays industrialisés à toute crise majeure potentielle (et l’épidémie de Coronavirus est bien dérisoire comparée à d’autres possibles), je regrette en ma qualité de médecin, la perte de sang-froid et de bon sens de certains de mes pairs qui oublient au passage la culture scientifique et médicale qui a fait d’eux des praticiens rationnels.

D’aucuns dans un message qui ressemble à un « sauve qui peut » totalement inapproprié en l’espèce, oublieraient que la raison et l’éthique nous interdisent d’administrer à un(e) patient(e), une molécule qui n’aurait pas été évaluée par les protocoles éprouvés depuis des décennies de recherche par l’industrie pharmaceutique. Pis que cela, ceux qui sont pourtant des « sachants » contribuent ainsi à donner peut-être de faux espoirs à la population tout en alimentant indirectement des thèses complotistes grotesques.

Les laboratoires de biologie médicale sont à présent quotidiennement sollicités pour le nouveau test miracle : la sérologie Covid-19. Ce dernier lorsqu’il sera fiable, sera certes un outil informatif complémentaire de la RT-PCR et aidera tous ceux qui visent à maîtriser au mieux cette épidémie et le futur déconfinement de la population. Mais il ne faut pas lui attribuer plus de vertus qu’il n’en a et surtout il faut comprendre que plus généralement, la biologie médicale n’a d’intérêt que lorsqu’elle aboutit à des résultats exacts et précis. Et pour y parvenir tous les jours en diffusant des milliers de résultats quotidiens, il faut tout le travail, la compétence et la rigueur des biologistes médicaux qui dirigent la manœuvre.

Alors gardons notre sang-froid, pas plus que l’hydroxychloroquine est la potion magique anti-coronavirus, les « tests sérologiques » (expression consacrée par tous les médias) ne sont pas l’outil diagnostique miracle.

Mais surtout et enfin, pour que ces tests rentrent légitimement dans l’arsenal des laboratoires de biologie médicale français, il faudra au préalable que nous ayons pu démontrer qu’ils permettaient une informativité appropriée et qu’ils disposaient de la fiabilité requise.

Que pour tout le monde l’information soit claire : il est très facile pour un laboratoire de biologie médicale de disposer dès aujourd’hui de tests sérologiques Covid-19 dits « rapides ». Pour autant si l’on s’appuie sur la seule évaluation un peu fournie dont nous disposons actuellement, à savoir leur utilisation en Chine, on lit qu’une majorité des résultats sont erronés !

C’est pourquoi, en les proposant tels quels à nos patients et aux cliniciens, sans la moindre critique de notre part, nous ne nous positionnerions sûrement pas comme un laboratoire précurseur ou dynamique, mais plutôt comme un laboratoire inconséquent.

Enfin, je rappelle que les tests sérologiques Covid-19 ne sont pas encore inscrits à la Nomenclature des Actes de biologie médicale. Serait-ce conforme à l’éthique de « vendre » un test dans le contexte économique difficile de chômage partiel de masse, et qui plus est, lorsque celui-ci est d’une fiabilité douteuse ?

Alors cette pandémie ne doit pas nous faire perdre notre sang-froid et notre éthique. Elle ne doit pas être une opportunité pour vendre du rêve ou encore une aubaine pour acquérir de la notoriété.

Comme tous les autres laboratoires, BIO-SANTIS disposera d’une méthode analytique permettant de réaliser des sérologies Covid-19 réellement contributives et ce, par l’assurance-qualité qui leur sera conférée, par leurs niveaux élevés de  sensibilité et de spécificité et aussi par leur adaptabilité à des analyseurs de grande cadence.

Ce n’est pas pour la semaine prochaine mais peut-être pour la fin du mois d’avril ou la 1e quinzaine du mois de mai. Et enfin, gageons alors que ces examens seront alors pris en charge par l’assurance maladie de sorte que le plus grand nombre puisse en bénéficier sur prescription médicale.

Dr Véronique GARCIN – Présidente LBM BIO-SANTIS